Roman policier

Austerlitz 10.5 d’Anne-Laure Béatrix et françois-Xavier Dillard

couv60042561Austerlitz 10.5

Auteurs : Anne-Laure Béatrix, François-Xavier Dillard
269 p.

Belfond, 2016

 

résuméEn 1810 la Seine avait atteint lors de la grande crue de Paris son niveau maximal : 8.62 mètres sur l’échelle hydrométrique du pont d’Austerlitz.
Aujourd’hui, la pluie tombe depuis trois jours dans la capitale. Les trois premiers jours les habitants de la grande ville ont râlé. Et puis, le soir du quatrième jour, l’alimentation électrique a été coupée. La plupart des arrondissements ont alors connu un black-out total faisant souffler un vent de panique sans précédent dans la population. Le métro a été fermé. L’ensemble du vaste réseau sous-terrain des transports publics s’étant retrouvé noyé par des hectolitres d’eau sombre et glacée. Lorsque les premiers immeubles se sont effondrés et que la grande vague de boue a déferlé sur la ville, une véritable hystérie collective s’est emparée des parisiens et les pires exactions ont été commises. Au nom de la survie… La peur, puis la violence ont déferlé sur la ville.
Paris est dévastée et la plupart des habitants, du moins ceux qui ont la chance d’avoir encore un toit, se terrent chez eux en attendant que cette pluie démentielle cesse enfin…
Sous le pont d’Austerlitz l’eau a atteint son record : 10.50.

Un an plus tard, on sait que Paris ne sera plus jamais la même. Pour François Mallarmé qui a tout perdu dans cette catastrophe, sa femme et son enfant, la vie n’est qu’un long cauchemar. Il continue tant bien que mal à faire son boulot de flic dans une ville où plus rien n’a de sens. Jusqu’au jour où une affaire de meurtres sordides le ramène à son cauchemar, au cœur même du Louvre, dans ce musée qui pour le monde entier était le symbole de ce qui fut la plus belle ville du monde, et où même la Joconde a disparu….

çacommenceparLa pluie s’était mise à tomber le jeudi soir. Cela avait d’abord ressemblé à un simple orage puis la nuée était devenue féroce, insistante, avant de se transformer en une mousson ni improbable, en plein cœur de Paris.

cequejenaipenséAusterlitz 10.5 est un roman à quatre mains. Aux commandes : François-Xavier Dillard, directeur de communication d’une grande entreprise énergétique et qui a déjà écrit deux romans, et Anne-Laure Béatrix, directrice des relations extérieures du musée du Louvre et professeur agrégé d’histoire, qui signe ici son premier opus. Tous deux ont su allier avec brio leurs connaissances dans ce roman que j’avais du mal à lâcher !

Imaginez un Paris dévasté par les eaux. L’inondation a tout ravagé sous son passage et a fait des dizaines de morts, détruit des infrastructures, le métro est inaccessible, des immeubles se sont effondrés, le Louvre éventré… L’apocalypse a frappé sur la capitale.
Un an plus tard, les parisiens pansent encore leurs plaies, tentent de reconstruire leur ville et leur vie. Le gouvernement est en échec et ne parvient pas à se relever. François Mallarmé, policier, mort en sursis depuis qu’il a perdu femme et enfant durant la catastrophe, va devoir relevé un sacré défi : il doit enquêter sur une série d’assassinats, visant des personnalités en vogue et l’enlèvement du fils d’une de ces victimes par le tueur. Il va vite faire le lien entre ces décès et un vaste trafic d’œuvre d’art qui semble se dérouler au sein même du Louvre. Durant son enquête, il va remuer des choses qu’il n’aurait pas dû, mettre à jour des magouilles politiques et économiques… comme si tout était permis dans ce monde en reconstruction.

J’ai adoré cette lecture qui m’a plongé dans un univers assez déstabilisant, bouleversant un univers quotidien connu. On se retrouve dans ce Paris détruit et ravagé. Au début du roman, de courts chapitres se succèdent où les auteurs mettent en scène des personnages en proie à la folie meurtrière des eaux en crue. Ces personnages sont identifiés, nommés par les auteurs. Mais on a à peine le temps de faire leur connaissance que le déluge frappe et qu’ils disparaissent. J’ai vraiment apprécié cette façon de personnaliser les victimes car ainsi je me suis sentie impliquée dans ce drame qui se déroulait sous mes yeux. J’avais la gorge qui se nouait à chaque fois. La tension montait et je me demandais à chaque fois si tel ou tel personnage avait une chance de s’en sortir. Cette façon de personnaliser chaque personnage – même s’ils ne font qu’une brève apparition – c’est ce qui fait pour moi la force de ce roman. Une fois la catastrophe primaire passée, des personnalités vont sortir du lot par leurs charismes, leurs vécus, leurs manigances. Chacun a un rôle à jouer pour l’avancement de l’enquête. Mallarmé, le flic-héros, est un personnage que j’ai particulièrement apprécié. Il se débat entre son drame personnel, son désespoir et cette enquête qui va l’emmener très/trop loin. On le sent évoluer dans ses émotions tout au long du texte et sa colère, sa rage vont être détournées et focalisées sur l’enquête et va lui permettre de s’ouvrir à d’autres horizons.

L’enquête en elle-même est très prenante et bien ficelée : quel peut être le lien entre ces « stars » assassinés, le Louvre, un trafic d’œuvre d’art dans les sous-sols désaffectés de la ville et différents ministères ? Certains chapitres sont consacrés au tueur. Adoptant un point de vue interne, les auteurs essaient de nous plonger dans la folie de ce personnage. J’ai tenté de trouver son identité, je suis partie sur de fausses pistes et j’ai été plus que surprise au moment de la révélation car j’étais très loin de la vérité!

Autre particularité du roman, chaque chapitre a pour titre une œuvre d’art. J’ai trouvé cela vraiment cohérent avec le thème évoqué, d’autant plus que les titres de ces œuvres collent avec l’action racontée dans chacun des ces chapitres.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

12992811_10209213650040435_505270499_n

Un polar post-apocalyptique vraiment bien mené et construit avec beaucoup d’intelligence et de passion. Une écriture fascinante et addictive. Bref j’ai adoré et je ne peux que vous conseiller de vous y plonger dès que possible!
Advertisements

4 réflexions sur “Austerlitz 10.5 d’Anne-Laure Béatrix et françois-Xavier Dillard

Un petit mot ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s